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Découvrez l’interview de Charles-René Tandé, Président de la Cavec

Charles-René Tandé obtient son diplôme d’expertise comptable en 1989. Il   exerce pendant 17 ans chez KMPG, avant de devenir, en 2001, associé du Groupe Cogest. Très engagé au service de la profession, il a d’abord représenté les jeunes et futurs experts-comptables, en tant que président de l’Anecs et de l’Unecs (1). Il a ensuite dirigé le Conseil régional de l’ordre d’Alsace, entre 2002 et 2006, puis le syndicat IFEC entre 2013 et 2017. Entre 2017 et 2020, il préside le Conseil national de l’ordre des experts-comptables (CNOEC). A ce titre, il initie le grand projet de facturation électronique, qui entrera en vigueur à partir de septembre 2026. Le 18 décembre dernier, il est élu à la présidence de la CAVEC. Il présente ici son regard, ses idées sur l’évolution de la profession et de sa protection sociale.

« Engagés pour mieux vous protéger »

Quels facteurs ont motivé votre candidature à la présidence de la CAVEC ?

En tant que président du Conseil de l’ordre, j’ai vécu un épisode marquant, entre 2018 et 2020 : la solidarité et la combativité sans faille manifestées par la profession, avec un rôle très actif de l’Ordre et de la CAVEC, agissant en étroite interaction pour défendre notre caisse face au projet de système universel des retraites. La profession est très attachée à sa caisse de retraite, gérée par des experts-comptables pour des experts-comptables et adaptée à ses spécificités. Et il m’a semblé que contribuer à la gouvernance de nos retraites, après avoir démarré ma vie publique et associative au soutien des jeunes experts-comptables stagiaires, à l’Anecs, présentait une forme de cohérence et de légitimité. Je compte bien y investir toute l’expérience accumulée en 40 ans de carrière, d’engagement syndical et ordinal.

Quelles seront vos priorités, en tant que président de la CAVEC ?

La CAVEC est un régime bien géré, prévoyant, protecteur et rigoureux, qui affiche un taux de rendement parmi les plus élevés des caisses de professions libérales. C’est une garantie pour la retraite des générations futures, et un bouclier contre les chocs conjoncturels, Covid-19 et hyper-inflation parmi les derniers en date.

Je ne vais donc ici rien inventer, plutôt chercher à renforcer la protection offerte par la Caisse, en même temps que sa robustesse financière. Nous réfléchirons probablement à la création d’un régime dépendance, optionnel, refusé dans le passé par nos autorités de tutelle. Nous pourrions donc retravailler le projet. Nous pourrions également étudier l’introduction d’un complément de retraite par capitalisation, dans un format collectif.

Gouverner étant prévoir, nous plancherons par ailleurs sur différents scénarios, en fonction des résultats de la prochaine présidentielle. Dans ce cadre nous approfondirons, entre autres, la sécurisation juridique de nos réserves, garantissant l’affectation exclusive des cotisations versées par nos assurés à leur pensions.

Enfin je compte bien poursuivre, amplifier le travail d’ouverture et de rayonnement de la Caisse, au travers de partenariats, de coopérations avec d’autres acteurs des retraites et, plus largement, du monde socio-économique.

Quel est votre regard sur l’évolution de la profession ?

L’évolution la plus manifeste est l’émergence de l’intelligence artificielle, entraînant dans son sillage une vague de défiance et d’appréhensions, comparable à celle suscitée, dans les années 80, par l’irruption de l’informatique dans les cabinets. J’y vois plutôt une opportunité : en automatisant, en optimisant les tâches chronophages, à moindre valeur ajoutée, l’IA devrait libérer du temps pour les missions de conseil auprès du dirigeant qui, dans un monde de plus en plus complexe, instable, font une différence croissante et renforcent l’intérêt stratégique de notre métier. C’est tout le sens du projet de facturation électronique que nous avons lancé, au Conseil national de l’Ordre et qui se déploiera progressivement à partir du 1er septembre 2026. 

Quels ont été les autres temps forts de votre mandat à la tête de l’Ordre ?

Il y a bien sûr l’épisode de la pandémie, au cours duquel les experts-comptables et les commissaires aux comptes ont fait preuve d’une réactivité remarquable pour, dans des conditions difficiles, incertaines, assurer la comptabilité de millions d’entreprises, sortir les bulletins de paie, délivrer du conseil juridique, fiscal et financier. De son côté l’Ordre, ensemble avec toutes les instances représentatives, a très vite mis en place des dispositifs d’accompagnement et de soutien, décrypté et diffusé l’information réglementaire émanant des pouvoirs publics, formulé des propositions pour bien négocier l’après-Covid. L’épreuve, dans toute sa dureté, a révélé la solidité de la profession.

Hors crise sanitaire, le CNOEC a réalisé un important travail de proposition et d’explication, auprès du ministère de l’économie, des parlementaires, et obtenu dans la loi PACTE, en 2019, des avancées significatives pour la profession : création du statut d’expert-comptable en entreprise, définition de nouvelles missions de conseil en RSE, numérique et financier, mise en place des honoraires de succès (success fees)…

Auriez-vous un message particulier à l’adresse des jeunes experts-comptables ? 

Sondage après sondage se confirme, au sein des jeunes générations, un sentiment de défiance à l’égard du système des retraites : l’impression, augmentée à chaque nouvelle réforme, que l’on aura très peu, voire aucune retraite. Ce n’est sûrement pas le cas à la CAVEC, en raison d’abord de sa performance d’ensemble, de son taux de rendement élevé, ensuite de sa structure progressive de cotisations, rehaussée d’options – rachat de points, cotisation en classe supérieure, cotisation facultative de conjoint…Celle-ci permet de cotiser moins, au démarrage de sa vie professionnelle, puis de compenser aussitôt que les revenus commencent à s’élever, ou encore sur le tard, à l’approche de la retraite. Nous offrons aussi l’avantage d’un système à points, simple et lisible – un point rapporte tant de pension – idéal pour anticiper, piloter sa future allocation à l’euro près. J’entends bien, sur ce plan, intensifier la politique d’information et de service personnalisé, mise en œuvre par la Caisse, illustrée notamment par la toute dernière version de l’espace sécurisé Ma Cavec en ligne, doté de nouvelles fonctionnalités et d’une ergonomie renforcée.

(1) Anecs : Association nationale des experts-comptables stagiaires, commissaires aux comptes stagiaires et étudiants en comptabilité supérieure. Unecs : Union européenne des experts-comptables stagiaires.